Sa vie, son oeuvre

Franc-comtoise par son père, lorraine par sa mère, Suzanne Humbert est née à Paris le 4 août 1913, dans le quartier du Sentier où son père était négociant en tissus. Après des études secondaires classiques, elle s’inscrit à la faculté de droit pour satisfaire son père.

 

Dès sa licence obtenue, elle se consacre au dessin et à la peinture : elle fréquente l’Académie Julian, puis les académies Colarossi et la Grande Chaumière, et entre en 1937 à l'Ecole des Beaux-Arts, dans les ateliers de Georges d'Espagnat pour la peinture et de René  Jaudon  pour la gravure. Elle y remporte divers prix (1er prix d'Attainville – Fortin d'Ivry, logiste au concours de Rome en 1941) et y noue des amitiés durables (Hélène Poirié (autre lien), Stéphane Magnard, Henriette Le Pesqueux).

 

De son séjour aux Beaux-Arts, elle gardera, comme l’a justement remarqué Pierre Descargue, « un souvenir illuminé par l’enseignement beaucoup plus poétique que technique de d’Espagnat. » Elle commence en 1939 à exposer au Salon d’Automne, où Vuillard, charmé par l’une de ses premières estampes, l’a fait entrer.

 

Sociétaire du Salon des Indépendants, elle sera également régulièrement invitée au Salon des Tuileries et au Salon du Dessin et de la Peinture à l’eau à partir de sa création en 1949. Elle expose à l’Orangerie en 1941, puis à Vienne, Innsbruck, Berlin, en 1945 et 1946. 

 

Après une première exposition particulière à Paris en 1942 à la Galerie du Bac, ses œuvres sont régulièrement présentées à la Galerie Le Chapelin, rue du Faubourg Saint-Honoré, ainsi que chez Prouté et Sagot-Le Garrec. La Ville de Paris et l'Etat, le British Museum à Londres, l'Albertina de Vienne, différents musées et de bons collectionneurs français et étrangers, en particulier américains, achètent toiles, dessins et lithos. Elle obtient en 1950 le prix d’aquarelle de la Ville de Paris et le prix Conté-Carrière en 1951. Elle meurt brutalement le 12 février 1952.

4. Enfants autour d’une  table dans un jardin, 1938. Huile sur toile, 130 x 170 cm. Signé. Collection privée (Galerie Le Magoarou, Versailles).
 

Ses premières œuvres sont marquées par l’influence de Georges d’Espagnat.

Après son mariage en 1941, elle habite quelque temps à Villenoy près de Meaux, au bord du canal de l’Ourcq.

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5. La maison de Villenoy, 1941. Aquarelle.

19 x 15,5 cm.
           

6. Le jardin de Villenoy au printemps, 1941. Aquarelle sur papier beige. 34 x 28 cm.

 

7. Villenoy, le jardin et la sucrerie, 1941. Gouache sur papier. 20,5 x 14 cm.

Collection privée

 

8. Le jardin de Villenoy en hiver, 1942. Gouache et pastel sur papier. 61 x 47 cm. Signé.
Au fond, on aperçoit les bâtiments et la cheminée de la sucrerie où Jean, le mari de Suzanne, était ingénieur.

A gauche,  9. Le Canal de l’Ourcq et le Pont de la Madeleine à Villenoy, 1941. Aquarelle. Collection privée (Leighton Fine Arts).

 

A droite, 10. Le chemin de halage à Villenoy, 1941. Aquarelle. 21 x 28,5 cm. Signé. 

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11. Villenoy, le Canal de l’Ourcq et le Pont de Pierre, 1941. Huile sur contreplaqué. 80 x 100 cm.

« J’aime ce canal tournant qui reflète des nuages bas que le vent pousse dans la vallée de l’Ourcq. Il y a tant de valeurs précieuses dans le gris de l’Ile-de-France qu’on ne fera jamais assez chanter leur douce mélodie. » (René Héron de Villefosse, 1943).

11.Villenoy-Pont_de_pierre_recadré_LL-DS

L’atmosphère poétique des eaux dormantes des canaux restera un sujet d’inspiration :

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12. Canal à Saint-Denis. Lithographie en noir. 32 x 49 cm.

13. Le chemin de halage (Écoliers à Villenoy). Lithographie en noir. 34 x 47 cm.

De retour à Paris, elle habite dans le quartier de Montparnasse et passe une partie de l’année en famille dans sa propriété de Gagny. La vieille maison et son parc, ses grands arbres et ses herbes folles, l’atelier, la serre, la terrasse et son perron, le banc de pierre figurent dans nombre de ses œuvres.

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14. Gagny, le jardin. Huile sur toile. 60 x 80 cm.

15. Le Perron. Lithographie en couleurs. 43 x 35 cm.
 

16. Marguerites. Lithographie en couleurs. 44 x 33 cm.

17, 18. Coin de terrasse à Gagny. Gouache sur papier collé sur carton. 46 x 38 cm. Signé.

Détail.

 

19. Le banc de pierre. Gouache sur papier collé sur carton.

46 x 61 cm.

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20-21-22. Album n° 5, 1949 : Etudes pour Le Banc de pierre. Crayon sur papier. 20 x 26 cm.

« Je fais, d'après nature, une grande quantité d'aquarelles, de croquis, dessins, etc..., puis recherche, à l'atelier, la meilleure composition et harmonie de couleurs – ceci aussi bien pour la peinture que pour les lithos en couleurs. »  (Suzanne Humbert, 1951)

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23. Ombrelle et chapeau de paille sur un banc. Huile sur toile. 46 x 38 cm. Signé. Collection privée.

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Album n° 5, 1949 : 24, 25, 26, 27, 28. Etudes pour Ombrelle et chapeau de paille sur un banc. Crayon. 20 x 26 cm.

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29. Le jardin au printemps et l’atelier. Aquarelle. 16 x 24 cm.      
30. Album n° 1 : Goûter devant l’atelier. Aquarelle. 21,5 x 25,5 cm.

31. Le Goûter au jardin. Gouache et huile sur carton. 45,7 x 54 cm. Signé. Vente Christie’s, New York, 16/06/2009, no. 182.

32. Album n° 5, 1949 : Etude pour Le Goûter au jardin. Crayon. 20 x 26 cm.

La vieille grille se prête à de multiples interprétations :

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33. La Grille. Pastel et rehauts de gouache. 24 x 18, 5 cm. Collection privée.

34. La Grille aux amoureux. Gouache sur papier collé sur carton. Signé. 46 x 54,5 cm.

35. La Grille aux chiens. Lithographie en couleurs. 34 x 47 cm.

Les scènes d’intimité familiale composées avec tendresse sont des thèmes récurrents, sa famille et ses amis, sa mère Maria, et sa fille Dominique, née en 1945.

36. Le Salon. Gouache et huile sur carton. 48,3 x 57,2 cm. Signé. Vente Christie’s, New York, 16/06/2009, no. 190.

37. Femme en robe bleue assoupie au salon. Huile sur toile. 60 x 72 cm. Signé.

 

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38. Portrait de Maria, mère de l’artiste, 1937. Crayon et fusain. Signé. 63 x 47 cm.

39. Album n° 4 : Soirée en famille au salon. Crayon. 20 x 27 cm.

40. Maria cousant. Crayon sur papier beige. 25 x 20,5 cm.

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41. Berceau sur la terrasse. Huile sur  toile. 54 x 45 cm. Signé.

42. Le berceau. Lithographie en couleurs. 46 x 34 cm.

43. Jeune femme tricotant sur la terrasse. Gouache sur papier collé sur carton. Signé. 46 x 38 cm.
44. Enfant sur le seuil. Lithographie en couleurs. 45 x 34 cm.

 

45. Album n° 5, 1949 : Enfant jouant au jardin. Crayon. 20 x 26 cm.

46. Enfants jouant au grenier. Lithographie en couleurs. 46 x 34 cm.

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47. Lecture. Gouache et aquarelle. 

40 x 32 cm. Signé.
48. La Veillée. Lithographie en couleurs. 34 x 45 cm.

« J'ai toujours travaillé d'après des scènes de nature, paysages et surtout intérieurs, scènes familières, intimités, empreintes de poésie, cherchant à dégager cette poésie par des moyens avant tout « plastiques », attachant une grande importance à la lumière, l'atmosphère, ne reniant pas le « sujet », mais ne le prenant pas comme « fin » dernière du tableau, seulement comme moyen de créer une poésie plastique. » (Suzanne Humbert, 1951)

Issue d’une famille catholique pratiquante, Suzanne Humbert était animée d’une foi sincère et profonde, « la foi qui fait marcher dans la vie avec un calme, une paix, une joie profonde » (Charles de Foucauld). Etudiante aux Beaux-Arts, elle fréquente les Ateliers d’Art Sacré  fondés par Maurice Denis et George Desvallières  et restera toujours très proche des Catholiques des Beaux-Arts  et de leur aumônier, l’abbé Buffet, lui-même  peintre orientaliste.

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49. La Prière. Gouache sur papier collé sur carton. 37,5 x 46 cm. 

50. Procession en Franche-Comté. Gouache sur papier collé sur carton. 53,7 x 65 cm. Signé.

51. Nativité. Gouache. 10 x 10 cm. Signé.

Suzanne  Humbert a peu voyagé, quelques régions françaises l’ont cependant inspirée :

...la Bretagne en août 1939, avec quatre camarades des Beaux-Arts, puis en 1941, après son mariage : Concarneau, Pont-Aven, Mousterlin, Cap Coz, Beg Meil :

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52. Cap Coz, avril 1941. Aquarelle.

23 x 32 cm. Signé, daté.

53.  Mousterlin, avril 1941. Aquarelle.

23 x 32 cm. Signé, daté.

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54. Sur la plage. Huile sur toile. Signé. Collection Michel Lagarde.

55. Pardon en Bretagne. Huile sur toile. 81 x 96 cm. Signé. Vente Drouot, Paris, 5 février 2016, n° 111.

… le Morvan et la Bourgogne, en particulier Semur-en-Auxois, où elle séjourne, avec quelques camarades des Beaux-Arts (Magnard, Poirié...), en 1948 et 1949 :

56. Semur-en-Auxois, Rue du Rempart, 1948. Aquarelle. 23 x 29 cm. Signé, daté.

57. Semur-en-Auxois, Rue du Rempart et tour du Donjon, 1949. Aquarelle. 23 x 29 cm. Signé, daté.

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… et surtout la Franche-Comté, berceau de la famille de son père, qu’elle retrouve fidèlement chaque été. Elle est très attachée à la campagne comtoise, verdoyante et vallonnée, où l’eau est partout présente, à ses petites rivières, à ses villages aux clochers caractéristiques…

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58. Rioz, Grand’Rue. Gouache. Signé.

50 x 65 cm.

La fontaine à Rioz

59. Huile sur toile. 56 x 48 cm. Signé. 

60. Crayon. 20 x 27 cm. 

61. Aquarelle. 20 x 27 cm.

62. Huile sur contreplaqué.

23 x 16 cm.

63-64. La chambre.

Gouache et aquarelle. 30 x 39 cm. Signé.

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65 - 66 - 67 - 68 - 69 - 70.

Album n° 1 : Etudes de paysages de Franche-Comté. Aquarelles. 20 X 27 cm.

Pêche au bord de l’Ognon, 1952

71. Aquarelle. 24 x 31 cm.
72.
Gouache. 50 x 62 cm. Février 1952, inachevé. 

Probablement des projets pour une lithographie non réalisée.

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Son attachement à Paris, né dans sa jeunesse vécue au cœur des vieux quartiers de  la rive droite…

73. Rue de la Lune. 1940. Encre de Chine. 33 x 22 cm. Signé.
74. Toits sous la neige. Huile sur toile. 81 x 100 cm. Signé. Vente Drouot, Paris, 29 avril 2016, no. 194.
75. Toits. Gouache. 48 x 32 cm. Collection privée.

76. La rue et l’église Notre-Dame
de Bonne-Nouvelle. Aquarelle. 20,5 x 16 cm. Goldmark Gallery, Uppingham (2017).

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… ne se démentira pas lorsqu’elle franchira la Seine pour s’installer à Montparnasse...

77. Le Jardin du Luxembourg. Gouache sur papier collé sur carton. 65 x 50 cm.

 

78. Le bassin du Luxembourg. Pastel et gouache. 32 x 25 cm. Signé.

79-80. L’église Saint-Julien le Pauvre. Aquarelle. 27,5 x 37 cm. Signé.

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… et trouvera son épanouissement dans un recueil de huit grandes lithographies des Quatre Saisons de Paris, publié en 1950 par Sagot-Le Garrec avec une préface de Claude Roger-Marx.

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81-84. Les Quatre Saisons de Paris, suite de 8 lithographies en couleurs. 1950.

En haut à gauche : N° 1 : Le Champ de Mars. 40 x 30 cm.

En haut à droite : N° 4 : Le Quatorze-Juillet  (Place de la République). 33 x 43 cm.

En bas à gauche : N° 5 : Les Quais. 30 x 40 cm.

En bas à droite : N° 6 : Le Luxembourg. 30 x 40 cm.

« Toutes les techniques m'intéressent : peinture à l'huile (sur panneau de carton, la toile n'absorbant pas assez, pastels, aquarelles, souvent gouachées, monotypes, fixées sous verre, et lithographies en couleurs (5 ou 6) – depuis 10 ans, une série importante de grandes planches format raisin et des illustrations de livres » écrit-elle en 1951.

Outre les grandes planches lithographiques en couleurs, Suzanne Humbert s’était très tôt intéressée à l’illustration de livres :

Dès 1942, dans un ouvrage collectif publié par la Ville de Paris en hommage au génie français, c’est déjà Paris qui l’inspire.

85-86. Simone Ratel, « Ciels de Paris », dans Paris. 1943. Arts et Lettres, Paris, 1942, p. 136
… des cours si étroites qu’il fallait renverser la tête pour apercevoir un coin de bleu…
...tout un peuple affalé aux terrasses des cafés…
Lithographies en noir. 12 x 8,5 cm.

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En 1948, Clairières dans le Ciel de Francis Jammes (1902-1906), splendidement édité par « Le Livre Contemporain », est illustré de quarante-quatre aquarelles de Georges d’Espagnat : les lithos en huit couleurs (soit 350 pierres) sont réalisées par celle qui fut son élève préférée. Dans une lettre de septembre 1946 à Madame Paul Valéry, le maître écrit : « C'est un travail agréable, parce que Jammes était un visuel, et que ses vers fourmillent de sujets. Mais quarante-quatre aquarelles ne sont pas une mince besogne... ». Rencontre de trois poètes, Jammes, d’Espagnat, Humbert, appliqués à exalter la beauté de la nature, les vertus de la vie familiale, l’adoration de Dieu et de la création.

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87-90. Francis Jammes, Clairières dans le Ciel, aquarelles de Georges d’Espagnat traduites sur pierres par Suzanne Humbert, Paris, Le Livre Contemporain, 1948. 176 p., 29 x 22,5 cm.

P. 11 : Elle était descendue au bas de la prairie…
Lithographie en couleurs. Pleine page, 18,5 x 13,5 cm.

Elle était descendue au bas de la prairie,
et, comme la prairie était toute fleurie
de plantes dont la tige aime à pousser dans l’eau,
ces plantes inondées je les avais cueillies.
Bientôt, s’étant mouillée, elle gagna le haut
de cette prairie-là qui était toute fleurie.
Elle riait et s’ébrouait avec la grâce
dégingandée qu’ont les jeunes filles trop grandes.
Elle avait le regard qu’ont les fleurs de lavande.

P. 15 : Son souvenir emplit l’air…
Lithographie en couleurs. Pleine page, 19 x 14 cm.

Son souvenir emplit l’air si clair que j’ai cru
que l’ombre d’un oiseau me tombait sur la tête
...Dans le salon où elle vint, dans le salon
où il y avait des lilas sombres comme la nuit,
il y a maintenant des roses dans un verre
et un bouton de magnolia que ma mère
a posé sur le piano creux et verni.

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P. 27 : Nous nous aimerons tant…
Lithographie en couleurs. Pleine page, 19 x 14,5 cm.

Nous nous aimerons tant que nous tairons nos mots,

en nous tendant la main, quand nous nous reverrons. Vous serez ombragée par d’anciens rameaux,

sur le banc que je sais où nous nous assoirons.

P. 119 : L’église allègrement sonnait…
Lithographie en couleurs. Pleine page, 19 x 14 cm.

En ce jour-là l’église allègrement sonnait,
car la fille d’un métayer se mariait.
L’église sonnait sur la gloire des maïs d’Août.
Elle sonnait au-dessus des granges recueillies
et sonnait au-dessus des hangars et des puits
…et sonnait au-dessus des filles brunes et blondes
qui s’élançaient pour la noce de leur amie

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… tandis que dans les Petites Méditations Culinaires pour les Sept Jours de la Semaine, de la comtesse de Perregaux, petit livre de luxe édité par Maurice Darantière en 1950, on retrouve l’inspiration intimiste :

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91. La Table de Famille. Lithographie en couleurs. 15,5 x 10,5 cm.
92. Celle des Amoureux. Lithographie en couleurs. 15,2 x 10,5 cm.

A la même époque, elle réalise une suite de lithographies en noir pour un projet d’édition de Madame Bovary, de Gustave Flaubert, qui ne verra jamais le jour.

93. Illustration pour Madame Bovary, de Gustave Flaubert. Lithographie en noir. 14 x 15,5 cm.

 

93. Bovary.jpg

Les derniers mois de sa vie sont consacrés à deux projets que sa brutale disparition en février 1952 ne lui permettra pas de mener à leur terme.

Elle retrouve la poésie de Francis Jammes avec ses Elégies (Le Deuil des Primevères, 1898-1900), pour lesquelles elle laisse dix lithographies en couleurs.

 

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94. Elégie Seconde, III, strophe 6 :
Assieds-toi un moment à ma petite table.
J’y ai posé quelques livres sur un vieux châle.

Lithographie en couleurs. Pleine page, 

24 x 18 cm.

95. Elégie Seconde, IV, avant-dernière strophe :

Ne bouge pas du vieux fauteuil du coin du feu,
trop grand pour toi et où, sans doute, tu fais luire
sur la tapisserie roide et ployée, l’aiguille.

Lithographie en couleurs. Pleine page, 24 x 18 cm.

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95. Elégies-IV.jpg

96. Elégie Quatrième, strophe 2 :

Du parc gazonné, au froid soleil mort d’Octobre,

une Diane cassée montait comme un jet d’eau. Les faux-pistachiers, les noisetiers rouges, les vernis-du-Japon, les lauriers et les roses

faisaient vers l’horizon une allée triste et belle où des vapeurs de bleu décoloraient le ciel.

Lithographie en couleurs. Pleine page, 24 x 18,5 cm.

97. Elégie Cinquième :

 

C’est la douceur d’Octobre et la pipe allumée.
Un rouge-gorge chante au boueux soleil pâle.
Je viens d’entrer dans le gris très doux de ma chambre.

Lithographie en couleurs. Pleine page, 24 x 18,5 cm.

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Restés à l’état de projets pour des lithographies en couleurs, de multiples dessins et onze gouaches destinées à l’illustration de Fermina Márquez, de Valéry Larbaud (1911) constituent un témoignage du travail d’élaboration de l’œuvre et gardent fraîcheur et spontanéité.

 

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98. Il y avait, près de la serre, un emplacement aménagé pour le tennis.

Gouache et pastel. 24 x 18 cm. Signé.

99. Nous étions maintenant l'escorte habituelle de la jeune fille. Une dizaine à peu près. Tous ceux qui l'approchaient...formaient autour d'elle, une sorte de cour d'amour…

Gouache et pastel. 24 x 18 cm. Signé.

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100. [La créole] apporta, chaque jour, une sorte de cuisine de voyage…    

Gouache et pastel . 24 x 18 cm. Signé.

101. Elle s’étendait sur son lit sans quitter sa robe de soirée.
Gouache et pastel. 24 x 18 cm. Signé.

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102. Les pierres de l’escalier central de la terrasse sont disjointes. Les branches des grands arbres… ont poussé dans toutes les directions. Le pâturin a envahi les allées.

Gouache et pastel. 24 x 18 cm. Signé.

La carrière artistique de Suzanne Humbert fut courte – à peine plus de dix ans – et il serait téméraire d'affirmer dans quel domaine son talent se serait fixé s'il avait eu le temps de s'exprimer. Travailleuse infatigable, elle a cependant laissé une œuvre abondante. Elle a abordé tous les genres – paysages, scènes d’intérieur et de genre, illustrations – et toutes les techniques – peinture à l’huile, sur toile ou sur carton, pastel, gouache et aquarelle, monotypes, lithographies en noir et en couleurs, attachant une grande importance à la lumière et à l’atmosphère, cherchant à rendre surtout la poésie de scènes familières et quotidiennes et la douceur de vivre, à  créer une « poésie plastique ». Sa palette, qui s’étend des gris aux rouges de prune, des bleus lumineux aux verts olive, ira en s’éclaircissant au fil des années, par la simplification des moyens, un nombre de couleurs réduit, l'importance accordée aux réserves de blancs qui sont tout ensemble agents de liaison et de coloration.

 

103. Le Vestibule. Lithographie en couleurs. 45 x 34 cm.

103. Vestibule-DSC_0045_export.jpg